Présenter au public de la capitale et du quartier de Rivière Salée le meilleur de la musique locale telle est toujours l’ambition du Mouv’ chaque année.

Il s’agit de célébrer, avec vous, la musique Folk du Pacifique qui est apparu durant les années 60 avec les 1eres guitares acoustiques et les Ukulélés tahitiens et qui a connu son apogée la décennie suivante, celles des années 70.

Inspirée du Picking Country les 1ers musiciens des Iles Loyautés composent des mélodies iliennes et développe un style unique avec des harmonies de guitares typiques jouées en mode Aller/retour avec le pouce ou des tiges de cocotiers sur des tempos assez rapide. Les textes abordent la nostalgie de la jeunesse, les histoires d’amour et la foi chrétienne. Le succès populaire est au rendez vous grâce aux 1ères cassettes enregistrés.

C’est une musique qui va ensuite décliner à la fin des années 70 avec l’essor de la variété kanak et les arpèges guitares de Jean Pierre Swan et autres Ydal et puis l’avènement du Kaneka à partir de la fin 80 (qui lui empreinte ce picking guitare).

Toujours très jouée au moment des rassemblements coutumiers et familiaux, la Guitare Traditionnelle a continué son petit bonhomme de chemin jusqu’aux années 2000 ou elle a connu un nouvel essor avec le retour de BETHELA sur scène et dans les bacs et l’apparition de nouveaux groupes comme BLUE HAU, IAAI TRADI etc…

Perpétuer la mémoire et partager à nouveaux ces œuvres qui ont accompagné les calédoniens durant toutes ces années, ces morceaux qui sont joués et chantés lors des soirées Brrringue dans les familles et qui constituent une partie de notre patrimoine culturel commun, un morceau de culture partagée par l’ensemble des natifs du caillou.

Pour se faire nous avons réunis sur un même plateau les artistes mythiques de la période avec LEXYS (fondateur du grand BETHELA), MELITA’S de l’ile de Tiga et PAKAHUA (en mode Brrringue Tahiti)pour une ouverture vers le Pacifique notre océan qui a porté les hommes et l’échos de leurs musiques d’Ile en Ile depuis des siècles.

Le concert débutera à 20h00 pour s’achever vers 22h30… Le lieu sera entièrement sécurisé comme à chaque manifestation du Mouv’…

La scène du Mouv’ pour que se tissent davantage de liens entre artistes et publics, entre le quartier et les autres territoires, entre les différentes générations et différentes ethnies.

A l’affiche : LEXYS – MELITA’S – PAKAHUA

LEXYS

Véritable institution de la musique ilienne, BETHELA originaire de la tribu de Hapétra dans le district de Gaitcha à Lifou existe depuis les années 60. Articulé autour de Jules RIAL CAHNEMEZ, virtuose de la guitare, et de Robert LEXYS WATRONE, BETHELA est le premier groupe kanak a enregistré un album, c’était en 1975 à l’occasion du Festival « MELANESIA 2000 ». Le succès est de suite énorme et inattendu et le groupe entre dans presque tous les foyers du pays. Cela correspond avec la création des 1ers studios d’enregistrement sur Nouméa.

Ils pratiquent ce que l’on appelle la « Guitare traditionnelle » qui est une version « océanisée » du picking country pratiqué par les musiciens américains dans les années 50-60 mixée à des formes mélodiques de Lifou. On ressent également une influence forte de la musique tahitienne. On reconnait également BETHELA à la tessiture des voix qui se situe largement dans les aigus.

A leur séparation au début des années 80, LEXYS continue seul le chemin. Il enregistre plusieurs albums expérience en mode Pop/variété, en duo parfois avec d’autres artistes.

LEXYS est un musicien curieux et avide de rencontres musicales. Il continue de composer des dizaines de chansons avec des grilles d’accord et des mélodies de plus en plus riches et élaborées. On lui doit par exemple la petite chanson générique à bord des avions d’AIRCAL.

Il est toujours accompagné par Wéda Waitreu (original BETHELA) mais aussi parfois par le duo INU dans un style Folk actuel qui dégage la nostalgie des seventies toujours très soigné et magnifiquement interprété avec beaucoup d’émotions.

MELITA’S

L’ile de Tiga (Toka Nod) est réputée en Nouvelle Calédonie pour la qualité de ses chants et danses traditionnelles. MELITA’S est originaire de cette ile qui compte des dizaines d’habitants.

De tout temps, aux Iles Loyautés le problème crucial est celui de l’approvisionnement en eau potable. La tradition orale de Tiga nous raconte que jadis 2 guerriers partirent explorer les cavernes en quête d’une source, ils en revinrent avec un chant… Aujourd’hui il n’y a toujours pas d’eau à Tiga, mais par contre ses habitants excellent dans l’art du chant et de la danse.

Cette légende est le fondement sur lequel le groupe MELITA’S a vu le jour dans les années 70. C’est à cette époque qu’apparait le « Folk Mélanésien » avec Béthéla de Lifou, un style fortement influencé par le West Country et les chants de marins anglo saxons. Ukulélé et guitares acoustiques font leur entrée massive dans les cases de l’Ile et la jeunesse de Tiga de cette période se lance à fond dans ce nouveau style et fonde son groupe baptisé MELITA’S du surnom de l’Ile.

Les membres du groupe composeront une grosse partie de leur répertoire à ce moment là et feront plusieurs cassettes dans les studios de Nouméa ce qui leur permet d’avoir un succès d’estime.

Après une période de sommeil durant les événements, MELITA’S fera son retour début 2000 et depuis ne s’est plus arrêté.

MELITA’S a été novateur et s’est démarqué en jouant sur des tempos plus lents et avec des mélodies qui sont devenus au fil du temps des standards du genre.

PAKAHUA

Emmené d’une main de maitre par Téva Avaé, le groupe PAKAHUA a fait une entrée fracassante dans le petit monde la musique FOLK Pacifique depuis une petite 10aine d’années.

Téva, virtuose du Ukulélé Tahitien s’entoure d’amis musiciens en la personne de Téa Vai au Kamaka et chant, Elodie Blairon et Micky Ratulailai aux percussions et chant et d’autres encore… et la machine de guerre PAKAHUA est lancé.

Sa musique est un savant mélange de rythmes traditionnels et d’accents modernes avec beaucoup d’influences du monde entier.

La musique Brrringue est bien sûr à l’honneur mais également les grands classiques tahitiens que sont les ballades et les valses de Gabilou, du Royal Band ou de Téava Piti etc…

Téva Avaé est au départ danseur traditionnel de Tamouré puis percussionniste (Toéré, Fakété, Pahu) et enfin joueur de Ukulélé. Il maitrise donc tous les aspects de la musique et de la danse polynésienne.

Il est question ici de relier cette boucle qui unit nos 2 archipels humainement et musicalement. Il faut savoir que la musique tahitienne a eu un impact considérable sur le Caillou dans les années 60. Des boites de Nuits sur la capitale étaient dédiées à la musique tahitienne telles que le Tahiti Cabaret, le Santa Monica ou encore le Pitaté. Le phénomène s’est un peu dilué de nos jours mais l’histoire et les faits sont là.